fr EXCLUSION SOCIALE : LE PASSAGE DE LA LITTÉRATURE BEUR À LA LITTÉRATURE DE BANLIEUE DANS RUE DES PÂQUERETTES DE MEHDI CHAREF1
  • Topaloğlu,  Yusuf
    Université d’Istanbul-Cerrahpaşa, Turquie
  • Tilbe,  Ali
    Université d’Istanbul-Cerrahpaşa, Turquie
  • Dinar,  Gökhan
    Université de la Défense Nationale, Turquie
  • Civelek,  Kamil
    Université d’Atatürk, Turquie
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Abstract

This article examines Rue des Pâquerettes (2018) by Mehdi Charef as a transitional work between Beur literature and banlieue literature, focusing on its thematic dimensions. Rooted in the socio-historical context of postcolonial migration from North Africa to France, the novel revisits the experience of marginalisation through the eyes of a child narrator. Moving beyond the sociological realism of early Beur writing, Charef establishes a new aesthetic of ethical silence, where language becomes a medium of dignity rather than resistance. Through a minimalist style and the absence of Verlan or argot, Rue des Pâquerettes transforms linguistic simplicity into moral clarity. The analysis highlights how Charef replaces anger with empathy, speech with silence, and exclusion with quiet endurance. The study argues that Rue des Pâquerettes exemplifies an ethical evolution in migrant writing : from a literature of testimony to a literature of compassion and human resilience.

Abstract

Cet article analyse Rue des Pâquerettes (2018) de Mehdi Charef comme une œuvre charnière entre la littérature Beur et la littérature de banlieue, à partir d’une approche thématique. En revisitant l’expérience de l’exclusion à travers le regard d’un enfant, Charef renouvelle la poétique du témoignage issue de la génération Beur. Le roman abandonne l’argot et le Verlan pour une langue simple, directe et silencieuse, où la parole devient acte éthique. Le bidonville de Nanterre y apparaît comme un espace de mémoire et de dignité, plutôt qu’un lieu de misère. Par cette esthétique du silence moral, Charef transforme la colère en compassion et la marginalité en humanité. Rue des Pâquerettes illustre ainsi le passage d’un réalisme social à une écriture de la résistance intérieure et de la reconnaissance de l’autre.