L’AVENTURE LITTERAIRE DU MYSTIFICATEUR OU LA « PASSION » DE LA DUPLICITE

VERONICA GRECU

admin 31 Jul 2014

Sage aisé ou « fripon » méchant, le personnage du trompeur a connu une aventure littéraire que seuls ses actes, synonymes de perspicacité, d’habileté, de supercherie ou de ruse seraient à même d’expliquer. La « passion » des lecteurs pour ce personnage qui privilégie l’intelligence à la force a conduit, le long des siècles, à une multiplication des personnages rusés, car à une mystification il faut toujours répondre par une autre, plus élaborée encore. De l’astutus du Livre des Proverbes de l’Ancien Testament à Ulysse ou Esope les solutions envisagées en vue de la dissimulation n’ont pas cessé de s’enrichir et de se diversifier. Il y a autant de travestissements que de trompeurs. Ce constat nous a poussée à chercher derrière ce foisonnement de personnages non seulement les raisons d’être de la mystification, mais aussi les éléments censés expliquer « la passion » évidente (des lecteurs et du trompeur) pour la ruse.

L’OBSCUR OBJET DU RIRE DANS LES NOUVELLES RÉCRÉATIONS ET JOYEUX DEVIS

DOMINIQUE BERTRAND

admin 31 Jul 2014

Les représentations du rire dans Les Nouvelles Récréations et Joyeux devis de Bonaventure des Périers offrent un point d’ancrage ambigu pour la réception comique. L’appel à un partage sensible du plaisir de rire prime sur les références savantes susceptibles de légitimer et d’encadrer une passion incontrôlable dont Bonaventure assume l’irrationalité. Il se plaît à déconcerter son lecteur en associant le rire et la facétie à une butée de la signification : la récurrence de ces éclats qui consacrent la faillite de l’autorité symbolique suggère l’irreprésentable des violences sociales. L’expression des rires permet par ailleurs de contourner habilement les censures pour favoriser l’inscription du corps et de la sexualité, sous le signe du féminin.

« LAISSER S’ENVOLER TOUT EN TENANT LE FIL » ! OU … LE PLAISIR D’APPRENDRE EN CREANT, S’EXPRIMANT ET GARDANT DES TRACES AUDIO-VISUELLES En prélude: projection du film: “Les biches envolées”…

MARIANNE BLOCK ET CLAIRE WALTHERY

admin 18 Jul 2014

Dire, ouïr, écrire, lire, …mettre en images et en sons, se mettre en mouvement, créer des sensations et agir en prenant du plaisir ! Mieux se connaître et pouvoir mieux rencontrer l’autre.

Comment mener des projets d’apprentissages avec des étudiants en formation à l’action sociale ?

Construire des cabanes, créer une « Moving/Audio and Video Box », la démultiplier et la faire voyager, réaliser des performances et installations artistiques dans l’espace public, participer à des projets avec des partenaires culturels de la ville, croiser les disciplines et les regards sur les réalités sociales, entrer en collaboration avec un institut de formation sociale à Tanger au Maroc, etc…sont autant d’expériences que nous menons à l’HELMO/ESAS, une Ecole Supérieure d’Action Sociale à Liège en Belgique.

A partir de photos et d’extraits de films que nous (et les étudiants) réalisons de façon artisanales pour garder traces de ces expériences d’apprentissage, nous commenterons les actions menées dans le cadre de notre enseignement et nous en soulignerons les aspects facilitateurs, les obstacles et le fil rouge qui donne sens depuis plusieurs années à cette pédagogie participative et nomade.

PASSÉ PRÉSENT IMMANUEL HA-ROMI, POETA DELLA CORTE E DEI PIACERI

GUIDO FURCI

admin 18 Jul 2014

Immanuel ha-Romi est un auteur atypique du Moyen-Age italien. Dans cet article, il s’agira de donner un aperçu de son œuvre en langue vernaculaire et hébraïque dans le but d’en évaluer la portée esthétique et documentaire. Au fur et à mesure de l’analyse, une place prépondérante sera accordée aux motifs récurrents d’une production qui, de par sa nature insaisissable, a trop souvent failli tomber dans l’oubli.

DU PLAISIR DE LIRE AU PLAISIR DE VOIR OU DES SIGNES TEXTUELS AUX SIGNES MODELISANTS SECONDAIRES (LECTURES DE COMMENT WANG FÔ FUT SAUVE DE MARGUERITE YOURCENAR)

EMILIA MUNTEANU

admin 18 Jul 2014

Qu’est-ce qui fut au commencement, le plaisir de la réception ou celui de l’écriture, de la création ? L’écriture de Comment Wang-Fô fut sauvé fut-elle précédée de la contemplation d’une estampe japonaise ou d’une toile chinoise ? Certes est qu’une fois projeté dans le texte sous la forme de la mimésis II (comme mise en intrigue et en style),  le plaisir irradia contaminant les récepteurs (mimésis III) au point de les faire se livrer au plaisir de la réécriture (sous la forme du transcodage dans les signes d’autres systèmes modélisants secondaires) comme mise en scène ou sur l’écran (en tant que film d’animation) en une sorte de ruban de Moebus sur lequel l’écriture plurielle débouche sur la lecture plurielle et ainsi de suite.

ENJEUX ARGUMENTATIFS DES PAROLES QUI FONT PLAISIR

SIMINA MASTACAN

admin 18 Jul 2014

Les paroles censées produire du plaisir à l’autre, en dépit du rôle plutôt décoratif et gratuit qu’on leur assigne d’habitude, sont intégrées dans des actes de discours ayant des visées argumentatives. D’une part, ces énoncés sont voués à assurer un certain liant social et à faciliter les contacts interpersonnels. D’autre part, dans le processus énonciatif, cette première fonction s’accompagne d’une autre : la parole qui fait plaisir participe d’une stratégie argumentative qui vise à donner plus d’efficacité à l’échange, à imposer un certain type d’image de soi et à construire, en même temps, une image de l’auditoire.

À TABLE AVEC ROMAIN GARY LE PLAISIR DES SENS ENTRE HUMOUR ET HUMEURS

MICHAEL RINN

admin 18 Jul 2014

Cet article cherche à montrer comment les sens dans la littérature de Romain Gary consistent à porter un regard (auto-)critique sur l’objet discursif. Reposant sur un mécanisme de la pensée consciente, ce regard exige un investissement de l’interprétant, en même temps qu’une emprise de l’humoriste sur son discours. Nous dégagerons un second temps qui instaure une communication ambigüe entre les interlocuteurs, faisant alterner convivialité – rire ensemble – et déréliction – rire seul – pour bloquer les procédés de reconstruction du sens après l’Holocauste. Nous soulèverons ainsi la question de savoir comment interpréter l’humour de Gary dans le contexte du génocide. Enfin, le dernier temps s’inscrit dans cette mise en suspens utopique de l’écriture et de la lecture, dégageant la portée véritablement critique des émotions : les sens en action. La thèse que nous voudrions développer consiste à dire que cette médiatisation entre le sens de l’humour avec les humeurs permet de mettre en rapport le monde vécu, inscrit dans le corps et la pensée du lecteur, avec le monde représenté dans l’œuvre d’art, afin de donner sens à la lecture littéraire.