ENTRE LE DÉSIR DE DIEU ET LA PASSION POUR LA FEMME. ETUDE SUR QUELQUES ÉCRITS DE JACQUES CHESSEX

OTILIA-CARMEN COJAN

admin 31 Jul 2014

« Plein de Dieu, écrire sur Dieu, parce qu’insondable, impossible, avide, secret, visible et invisible en moi, Dieu est le sujet immanent ou explicite de mes livres, récits ou poèmes qu’il porte, inspire, suscite dans la culpabilité, le désir de lui, ou l’allégement du superflu que j’abandonne pour le mieux voir. Dieu aliment, Dieu mangeur de moi, Dieu éclair, Dieu buée. » C’est de cette façon que Jacques Chessex traduit sa Passion pour Dieu dès le début de son livre Le Désir de Dieu. Passion qui caractérise sa narration, son récit et son discours. Sentiment dévastateur et puissant qui va jusqu’à l’éblouir complètement. De l’autre côté, sa passion pour la femme, – vue en tant qu’objet érotique mais aussi en tant que moyen de salvation de l’homme face au gouffre de la mort, – s’inscrit dans une thématique érotique qu’il pratique de façon plus ou moins explicite dans tous ses écrits. Ce qui frappe chez Chessex c’est un désir ardent, têtu et acharné d’élucider « le mystère de la femme ». Il explique son attirance passionnelle envers la femme dans un livre qui regroupe des entretiens avec Geneviève Bridel : « Il s’agit plus exactement d’une stupeur de ma part. L’univers féminin me stupéfie, au sens fort du terme. Que ce soit la forme plastique de la femme, le mystère de la pensée ou de l’amour, du désir ou de la jouissance (ou de l’inquiétude à l’endroit de la jouissance), que ce soit le fantasme chez la femme, voilà qui me plonge littéralement dans la stupeur.[…] Peut-être que la fascination étrange que je ressens pour le monde féminin relève de sa capacité à garder son propre mystère, sa propre magie, son propre secret. »

Loin de se trouver déchiré entre deux passions apparemment contradictoires l’écrivain se sert de l’une d’entre elles (la passion pour la femme) pour arriver à transcender dans un au-delà qui le portera plus proche de Dieu.

LA FEMME ET LA PASSION CHEZ TAHAR BEN JELLOUN ET NANCY HUSTON

CRISTINA-IOANA MATEI

admin 31 Jul 2014

Cette communication est centrée sur l’image de la femme et de la passion qu’elle inspire chez Tahar Ben Jelloun – La nuit sacrée, (Gallimard, Paris, 1987) et chez Nancy Huston – L’empreinte de l’ange, (Ed. Actes Sud, Paris, 1998).

S’il est certain qu’il existe des particularités culturelles dans la manière de vivre l’amour (le monde musulman/l’univers occidental), il est vrai aussi qu’il existe un «invariable amoureux universel» :  séduction, construction, abandon, déchéance, adultère, séparation, reconstruction et l’exil comme facteur perturbant les relations dans le couple (l’un des partenaires ou les deux peuvent vivre avec le sentiment de ne plus être soi-même, d’être incapables de se reconnaître pleinement, d’être enfermés dans une définition de soi qui les empêchent «d’accéder à des richesses cachées») mais également comme élément favorisant la reconstruction du couple.

LE POIDS DE LA TRADITION: RUSES, FEMMES ET PECHES DE LANGUE. LE CONTE DE SINDIPA, LE PHILOSOPHE

VERONICA GRECU

admin 27 Jul 2012

L’un des motifs littéraires qui ont donné lieu à un grand nombre de versions, de l’Antiquité à l’époque moderne, est celui de la « femme de Putiphar ». Il s’agit de l’histoire présentée dans la Genèse (39,7), qui raconte comment l’épouse d’un homme important, le commandant des gardes de Pharaon, offre son amour à Joseph, le serviteur de son mari. Repoussée par celui-ci, elle essaie de se venger, en accusant Joseph d’avoir tenté de la séduire.

Ce motif, dont la fortune littéraire extraordinaire ne peut pas être résumée ici, a été également adopté dans la version roumaine du Roman des sept sages de Rome, connu sous le nom du Conte de Sindipa, le philosophe. Si nous nous y intéressons, c’est que son insertion dans la narration roumaine a été lourde de conséquences. Illustré au début du roman, ce motif biblique a influé dans la peinture de toutes les femmes évoquées par les philosophes qui tâchent de défendre le jeune prince. Cet acharnement singulier envers les personnages féminins, présentés comme des êtres mensongers, querelleux, caractérisés par une facilité pécheresse de la parole, invite à interroger les fonctions didactiques de ce motif et de ces caractères.

MICHEL LEIRIS: FEMEIA – « NELINIŞTITOARE CIUDĂŢENIE »

Maricela Strungariu

admin 18 Oct 2011

În scrierile sale autoreferenţiale, Michel Leiris încearcă să-şi formeze o imagine mai clară de sine prin contactul cu alteritatea feminină. Figura femeii suscită din totdeauna adoraţia, seducţia şi teama. Simbol ambivalent al fecundităţii şi al morţii, femeia imaginară a fost de-a lungul vremii divinizată sau detestată şi Leiris o priveşte mereu cu teroare şi fascinaţie în căutarea sa îndârjită de a-şi regăsi eul reflectându-se în oglinda pe care o reprezintă fiinţa de alături fără de care n-ar exista conştiinţa identităţii. Intenţia noastră este de a studia aici diversele metamorfoze suferite de feminitate în autobiografia lui Leiris, de la blânda şi casta Lucrèce până la frumoasa şi periculoasa Judith.