L’AUTRE COMME SUJET PASSIONNEL DANS LE DISCOURS

FLORINELA FLORIA

admin 31 Jul 2014

Notre étude propose une thématisation de la présence discursive de l’altérité, dans l’ordre de la communication de «l’empire des signes». En tant qu’instance discursive, l’autrui apparaît comme création de langage. L’intersubjectivité foncière du langage est constatée par la philosophie linguistique, mais Eugen Coşeriu fait la distinction entre parler avec quelqu’un et parler de quelque chose à quelqu’un. Cette dissymétrie de l’action communicationnelle exprime, à notre avis, une double position discursive de l’altérité, suivant le rôle de sujet ou celui d’objet attribués à l’autrui au niveau du langage. Ainsi définit-on deux régimes discursifs de l’altérité, suivant une taxinomie proposée par Francis Jacques dans Dialogiques: le registre allocutif de l’altérité et le registre délocutif de l’altérité. L’allocutif est l’espace de Je et Tu (Buber), de la communication face-à-face où l’autre est perçu en tant que sujet de la communication, au niveau des actes (jeux) de langage. Le délocutif réduit la dimension discursive de l’autre au niveau d’objet, de Cela (Buber), le chemin vers l’altérité étant le discours «des autres hommes».

LE RELATIVISME LINGUISTIQUE ET CULTUREL – PERSPECTIVES ROUMAINES

GRIGORE GEORGIU

admin 27 Jul 2012

L’analyse et l’interprétation des différences culturelles représentent aujourd’hui un thème central pour les études culturelles et pour les sciences de la communication. Dans le contexte de la mondialisation, les études sur la communication interculturelle se sont graduellement imposées en tant que direction prioritaire de recherche pour les disciplines sociales et humaines, au fur et à mesure que les contacts et les interdépendances entre états, sociétés et cultures se sont multipliées et intensifiées. La communication interculturelle est une discipline de synthèse, qui a acquis ces dernières décennies une place distincte dans les programmes d’étude des universités autour du monde.

Les sources théoriques de cette discipline sont multiples. Un point important d’appui pour comprendre les différences culturelles et la communication entre cultures se trouve dans l’idée de pattern culturel et dans la thèse de relativisme linguistique (connue comme « l’hypothèse Sapir-Whorf »). Dans cette étude je veux montrer la contribution de certains penseurs roumains à la compréhension de cette problématique, ainsi que Mircea Vulcănescu et Constantin Noica, des auteurs qui ont conçu les langues comme des moyens de codification des visions différentes sur le monde.

LA TROISIEME CULTURE ET LA POSSIBILITE D’UNE COMMUNICATION INTERCULTURELLE AUTHENTIQUE ; POUR UNE POSSIBLE THEORIE DE LA TOLERANCE INTERCULTURELLE

DUMITRU BORTUN

admin 27 Jul 2012

Le lien entre la communication interindividuelle et celle interculturelle devient évident au moment où l’on comprend la culture dans le paradigme de l’anthropologie culturelle – par exemple, telle qu’elle est définie par E. B. Tylor, T. Parsons ou Chombart de Lauwe. Dans l’étude introductive au volume Images de la culture, intitulée « Systèmes de valeurs et aspirations culturelles », Paul-Henry Chombart de Lauwe classifie les approches de la culture comme il suit: 1) la culture en tant que développement de la personne dans la société, 2) les cultures propres à des sociétés et milieux sociaux particuliers et 3) le problème du développement d’une culture universelle. Il est évident que, de toutes les trois approches, c’est seulement la deuxième qui ne présuppose pas une évaluation préalable et qui ne conduit nécessairement à la hiérarchisation des cultures (des sociétés, des groupes ou des individus). C’est cette approche qui sera le référentiel privilégié de cet essai, car elle correspond le mieux à ses objectifs. Dans le cadre de l’approche (2) s’inscrivent, par prédilection, les culturologues anglo-saxons. Ainsi, E. B.Tylor comprenait par culture « tout le complexe qui englobe la connaissance, la foi, l’art, la morale, le droit, les mœurs et toutes les autres possibilités et pratiques acquises par l’homme en tant que membre d’une société ». Un autre anthropologue célèbre, fondateur d’école, F. Boas, le complète : « les produits de l’activité des communautés humaines déterminées par leurs pratiques ».

L’acception la plus répandue (et la plus adéquate à mon but) est donnée par T. Parsons, pour qui la culture est « une organisation de sentiments, de convictions », représentant « les valeurs communes qui sont essentielles à un système d’action propre à une société ». Tout ce que fait Parsons c’est d’opérationnaliser, dans le paradigme de l’actionnalisme, ce qui Max Weber avait dit : « Le concept de culture est un concept de valeur », dans le sens d’un lien étroit des valeurs et des symboles avec les transformations matérielles qu’ils produisent ou dont ils sont les conséquences. Dans cet essai, je me propose de continuer cette opérationnalisation en introduisant les concepts de technique de problématisation, paradigme culturel et référentiel culturel. En insistant sur le rôle d’infrastructure génératrice des aspirations et des systèmes de valeurs, Chombart de Lauwe considère « qu’une culture est marquée par une série de modèles, d’images – guides, de représentations auxquelles les membres d’une société se rapportent dans leurs conduites, dans leur travail, dans leurs rôles et dans leurs relations sociales ». Il souligne le fait que les techniques, l’organisation de l’espace, la production et le travail ou la consommation[1] ont une importance similaire. De cette perspective, tout individu apparaît en tant que porteur d’une culture (sous-culture, sous sous-culture etc.), et la communication interindividuelle – en tant que communication interculturelle. C’est pourquoi le problème de la tolérance entre les individus et les groupes devient un problème de communication efficace et de compréhension mutuelle entre les cultures. Mes recherches destinées à surmonter les barrières de la communication interculturelle visent pas seulement la communication institutionnelle (entre les gouvernements et les organisations nationales), mais aussi la communication entre des communautés culturelles bien déterminées, ayant une identité bien définie (entre des communautés linguistiques, ethniques, religieuses) : elles concernent tout acte de communication, y compris celle professionnelle internationale (où les barrières dans la communication entre les cultures nationales se trouvent dans le premier plan).



[1] Pour moi, l’acception ci-dessus est la plus convenable, puisqu’elle me permet d’aborder les idéologies (y compris le nationalisme) en tant que formes des cultures, ce qui facilite sur le plan méthodologique la désidéologisation de l’analyse des idéologies. Le fait d’analyser ou interpréter une idéologie seulement en tant qu’idéologie nous condamne à utiliser des instruments de la même nature idéologique. Toute approche non culturologique d’une idéologie est fatalement paradigmatique, c’est-à-dire, idéologique. L’approche sur le même plan (idéologique) devient circulaire; elle n’ouvrirait pas la voie de la communication, mais offrirait aux idéologues dogmatiques de nouveaux « arguments » et de nouvelles occasions de confrontation. En échange, l’approche culturologique favorise une décentration bénéfique à la vision, en faisant possible un langage neutre par rapport aux langages des idéologies concurrentes de nos jours.

REPRÉSENTATIONS DE L’ALTÉRITÉ DANS LE DISCOURS DE LA MARGINALISATION

FLORINELA FLORIA

admin 27 Jul 2012

Le discours de la marginalisation est un thème récurrent concernant les représentations de l’altérité sur la scène publique dans la période contemporaine. Nous incluons dans cette catégorie des structures discursives qui reflètent d’un point de vue éthique ou émique la réalité sociale de la minorité marginale. Le discours culturel d’une société (implicitement monovocal, selon Bakhtine) enregistre la voix de la communauté de référence qui lui imprime le système des représentations de l’idéologie dominante. L’idéal polyphonique bakhtinien est récupéré à travers le discours des identités minoritaires dans le concert multiculturel postmoderne. Nous proposons, dans notre approche, la mise en évidence des représentations de l’altérité comme « jeux de langage » dans le discours roumain de l’exclusion. Nous soumettons à l’examen deux discours tirés de la campagne anti-discrimination SPER (Stop aux Préjugés sur l’Ethnie des Roms), où nous analysons le rapport identité-altérité discursive en nous inspirant de la perspective proposée par la sociosémiotique d’Eric Landowski et par l’analyse sémiotique du discours de Greimas.

CĂTRE O PARADIGMĂ CONJUNCTIVĂ A RAPORTULUI DINTRE IDENTITATEA ROMÂNEASCĂ ŞI IDENTITATEA EUROPEANĂ

GRIGORE GEORGIU

admin 17 Oct 2011

Consider că pentru o bună înţelegere a identităţii culturale europene în curs de manifestare şi a relaţiilor sale cu identităţile culturale naţionale atât de diferite şi specifice, avem nevoie de un cadru teoretic nou şi în acest scop am propus conceptul de « paradigmă conjunctivă ». Este  vorba de un nou model de gândire care se construieşte progresiv cu ajutorul eforturilor interdisciplinare din domeniul ştiinţelor umane şi sociale. El poate inspira programele educative şi strategiile de comunicare interculturală pentru a ajuta la formarea unui spaţiu cultural comun la scară europeană. Am pus în discuţie anumite modele teoretice elaborate de către gânditori români cu privire la relaţia dintre identitatea culturală românească şi identitatea culturală europeană.