THE HOURS ET SA PERSPECTIVE DE L’AUTRE: UNE RENCONTRE ENTRE CINEMA, LITERATURE ET PHILOSOPHIE

Willy Delvalle

admin 25 Aug 2020

Un film sur trois femmes, de trois générations, dans des endroits différents, toutes connectées par le roman de Virginia Woolf. Celle-ci est en train de l’écrire. Laura Brown le lit, et le subit, tout comme Clarissa Vaughan le vit. Mais il y a une quatrième personne, un poète, malade du SIDA, homosexuel, qui intègre l’ensemble des personnages qui se ressemblent au point de paraître parfois les mêmes, dans des circonstances identiques, dans des temps censés être différents, mais apparemment simultanés. Je propose de penser le mouvement de ce film sous la perspective de l’autre dans un dialogue avec Zizek et Levinas, en passant par l’exil chez Tassin, le roman homonyme qui a inspiré le film, celui de Michael Cunningham, tout comme avec Mrs. Dalloway. Les questions qui guident cette réflexion sont: c’est qui l’autre dans ce film? Et qu’est-ce qui lui est proposé? Que dit l’autre du moi?

DES AUTRES ET DE SOI-MEME SUR LA SCENE TARDIVIENNE

EMILIA MUNTEANU

admin 17 Oct 2011

Sur la scène tardivienne, si l’Autre se fait miroir-repos des tourments de l’homme ou qu’il procure son enfer terrestre (les parents pour Georges et Adrienne de Pénombre et chuchotements, de même que pour le jeune Client de La Galerie, le jaloux Des arbres et des hommes), il lui sert également de masque, incarnant sa projection péjorative, pour mieux se valoriser soi-même (telle le Brillant Partenaire de Monsieur Moi), ou méliorative, en tant que modèle ou « vieux sage » (comme Mario pour Paola ou Le Préposé pour le Client).

DE SOI A L’AUTRE INTIME ET EXTIME A LA LUMIERE DE L’ALTERITE

CARMEN HUSTI-LABOYE

admin 17 Oct 2011

La question de l’intime relève de différentes disciplines puisque c’est à la fois un domaine qui est propre à l’individu stricto-sensu (ce qui renvoie par exemple à la philosophie ou à la psychanalyse) et un domaine qui fait intervenir l’intime de l’autre (ce qui relève du domaine des sciences humaines, psychologie ou anthropologie par exemple). Il faut cependant noter que les systèmes explicatifs globaux – qui nous placent par ailleurs dans une extériorité discutable – sont en fait peu enclins à prendre en considération la subjectivité des acteurs, ce qui place l’intime dans une situation très ambiguë et tend le plus souvent à aligner sa prise en compte sur des entités socio-politiquement construites telles la classe sociale, l’ethnie ou la nation. En effet, toute forme de communalisation du lien politique vise à construire un sentiment subjectif d’appartenance à une même communauté dans lequel le soi sans doute à la fois acteur et victime.

LE DEGUISEMENT OU LA QUETE DE L’AUTRE EN SOI-MEME

Veronica Grecu

admin 12 Oct 2011

Se travestir suppose changer la manière d’être d’une personne, afin qu’elle puisse paraître quelqu’un d’autre. Malgré la transformation extérieure subie par le porteur du masque, le déguisement ne cache pourtant que pour révéler. A la différence de la métamorphose, il ne modifie pas de manière fondamentale la structure ou la nature de l’être humain, bien qu’il puisse parfois avoir un puissant impact sur sa personnalité. Dépourvu de son ancien « pouvoir magique et rituel de production de la réalité », il offre plus d’informations sur les intentions du travesti qu’il n’en dissimule.

L’EXHIBITION DU SUJET OU DE L’AUTRE A L’EVITEMENT DE SOI

Jean-Philippe Loret

admin 12 Oct 2011

Si “Scène” est un texte peu connu de Robbe-Grillet, son intérêt n’est pas pour autant secondaire dans la production du nouveau romancier. En effet, il apporte une lecture nouvelle de la construction du sujet de l’écriture dans son œuvre en mettant en action les mécanismes en vigueur lors du processus d’écriture et remet, s’il était nécessaire, à leur place le sujet écrivant et le sujet de la lecture et leur difficulté à se rencontrer. Le sujet de l’écriture s’y donne en spectacle pour être entendu, mais cela est peine perdue. L’autre, le sujet de la lecture, n’est pas à l’écoute puisqu’il a lui-même l’oreille tendue vers sa propre voix. La mise en texte des voix du narrateur et des personnages, comme leur mise en scène, apparaissent comme l’une des principales voies d’accès à celles des sujets de l’écriture et de la lecture. Le texte, cet espace de rencontre et de construction du sujet est aussi un terrain de je(u) qui n’est autre que le vague terrain – ou le terrain vague – au milieu duquel se joue et se rejoue la rencontre avec l’autre et une construction d’un sujet de l’écriture.

QUAND LES LEGENDES URBAINES UTILISENT L’AUTRE POUR REAFFIRMER L’IDENTITE DE CEUX QUI LES DIFFUSENT…

Aurore Van de Winkel

admin 12 Oct 2011

En pleine construction européenne, le discours sociopolitique dominant prône la découverte de l’Autre et l’acceptation de sa différence. Or dans notre société multiculturelle où coexistent diverses sous-cultures et communautés, une multitude d’Autres apparaissent sur un même territoire virtuel ou réel. Le refus de s’y identifier permettant à l’individu de s’affirmer en tant qu’entité autosuffisante, il a, notamment, créé les légendes urbaines qui réaffirment ses valeurs et interdits, en désignant une altérité qui ne les partagerait pas. Une analyse sémio-pragmatique de centaine de variantes de légendes nous a ainsi permis de montrer les intentions, l’identité et la relation des sujets-transmetteurs de ces récits.

Même si ces derniers varient selon cinq types, chacun met en scène la confrontation de deux protagonistes et ses conséquences. L’un, valorisé, apparaît comme appartenant à la communauté des sujets-transmetteurs, l’autre à une entité opposée, « négative ». Cette opposition permet, par l’utilisation de préjugés et de stéréotypes, d’associer certains individus à des actes ou événements renvoyant à la peur, à l’interdit, au mystère et à l’espoir. Les légendes urbaines contribuent ainsi à simplifier et à clarifier les limites d’un groupe d’appartenance des sujets-transmetteurs en désignant des Autres qui n’y appartiendraient pas et en en faisant des bouc-émissaires.