FEINTE ET MANIPULATION SUR SCÈNE. QUELQUES RUSES SANGLANTES DU THÉÂTRE ÉLISABÉTHAIN


Posted On Oct 20 2011 by

Le théâtre élisabéthain offre un large panel de personnages et de situations mettant en scène des trahisons ou des feintes visant à servir les intérêts personnels du manipulateur ainsi que son plaisir purement pervers (cf. la ruse de Aaron dans Titus Andronicus de W. Shakespeare, qui obtient de Titus qu’il se coupe la main droite sans rendre à ce dernier les vies de ses fils – tout cela est manigancé par plaisir et sans aucun profit). La supercherie peut également être utilisée pour assouvir la vengeance et certains des scénarios les plus sanglants et horribles sont emprunts du cannibalisme du mythe d’Atrée et Thyeste. La feinte de Barabas dans le Juif de Malte de Ch. Marlowe, qui fait de sa fille une religieuse catholique pour sauver ses richesses, le mène à la perte de sa fortune, de sa fille – qui se convertit réellement – et de sa vie. Quant au déguisement de la fille de Shylock Jessica, il lui permet d’échapper à la maison parentale, ce qui accomplit la chute du marchand Juif. Difficile donc d’énumérer tous les mensonges, intrigues ou autres déguisements et manipulations dont regorge le théâtre élisabéthain. Les dramaturges de l’époque peignent un tableau très varié de différentes bassesses humaines, de leurs réussites ou de leurs échecs, mais tout cela dans le but de montrer que les limites entre le réel et la feinte – l’anti-réel mensonger – sont infiniment minces. La vie n’est pas seulement un songe, c’est aussi le mensonge et la feinte.

Last Updated on: October 20th, 2011 at 5:59 P, by admin


Written by admin