MIMÉTISME ET FAUX-SEMBLANT À TRAVERS LA PIÈCE THÉÂTRALE LES JUMEAUX VÉNITIENS DE C. GOLDONI


Posted On Oct 20 2011 by

Dans Les Jumeaux vénitiens, objet de notre étude, il existe un monde du faux où tout le monde feint : illusion, fausses interprétations de la réalité, subjectivité des visions de chaque personnage. Goldoni recouvre ses derniers d’un voile de mystère qui laisse planer le doute sur leurs intentions. Submergés par le flot des événements, les personnages de l’auteur du Trompeur, se retrouvent en proie à des conflits où les peurs s’opposent aux aspirations, où les rêves se heurtent à la réalité, où les désirs trouvent des obstacles dans les désirs des autres, où leur liberté et leur puissance sont bridées par leurs propres limites ou par celles que leur impose la société. Leur besoin d’acquérir, de posséder est toujours supérieur aux moyens dont ils disposent. Derrière les masques, se cache une codification sociale très sophistiquée, en réalité, une nature humaine plus proche d’un bestiaire monstrueux et impitoyable que des sentiments conviviaux et humanistes ; à savoir que «l’Intérêt» domine les rapports entre les individus et transforme le champ social en jungle où seuls les plus forts peuvent survivre.

L’Italie de Goldoni est une foire aux monstres. En effet, dans le monde du dramaturge, l’intensité des situations est presque toujours paroxystique ; car la violence des antagonismes, l’excès des personnages, de leurs sentiments, de leurs sensations, de leurs quêtes, de leurs passions, cet excès est le ressort même de toute action dramatique. Mais, dans tous les cas, ce qui fait le monde de l’auteur, c’est l’excès monstrueux du comportement humain. On peut d’abord se demander si tous les phénomènes sociaux jouissent d’un même degré de réalité et si certains d’entre eux (ceux-là même dont il est question ici) ne relèvent pas d’une illusion, sorte de fantasmagorie collective. Le problème se pose en terme de savoir si certains niveaux sont isolables, ou s’ils dépendent d’autres avec lesquels ils entretiennent des relations dialectiques.

Enfin, la science postule toujours la cohérence de son objet ; les sciences sociales en question, si elles se définissent par référence à un pseudo-objet, ne se réduisent-elles pas à une sorte de jeu, à une manipulation gratuite de symboles ? Nous serions alors dans le domaine de la mystification, qui est tout le contraire de l’humanisation ? Et pourtant, la mystification est aussi une opération humaine.

 

Last Updated on: October 20th, 2011 at 6:08 P, by admin


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