LE MOI «ALTERE» DANS SOLO DE SAMUEL BECKETT A LA LUMIERE DE NAGARJUNA


Posted On Oct 12 2011 by

Le présent propos vise à rendre manifeste les tentatives de Samuel Beckett d’«altérer » le moi et de donner substance à sa présence fictionnelle au monde, et à les mettre en perspective avec la dialectique ablative et purgative de Nâgârjuna. Ce sage bouddhiste de l’Antiquité indienne prône une voie dite du «milieu», ouverte sept siècles auparavant par Bouddha, selon laquelle il réfute les extrémités de l’existence et de la non-existence en tant qu’elles sont des illusions d’un moi et d’un non-moi. Il désigne ainsi la voie du milieu sous le nom de vacuité de substance propre, laquelle n’est autre que l’interdépendance de tous les phénomènes. Dans une quête d’abstraction autant du moi que des formes qui le manifestent, l’expérience beckettienne de la recherche du non-être «achoppe sur l’insupprimable perception de soi ». Cette «altération» de l’être pourrait n’être que sophistique si elle ne représentait l’enjeu à l’œuvre d’une exploration de l’autre, c’est-à-dire de la présentation par des formes de l’imprésentable, à savoir de la négation de soi et de la tentative d’en marquer l’absence au cœur du langage. Celui-ci tient lieu, selon la vacuité enseignée par Nâgârjuna, de corps introuvable mais paradoxalement présent.

Last Updated on: October 13th, 2011 at 9:48 P, by admin


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