LECTEUR ET LECTURE DANS L’AUTOBIOGRAPHIE LEIRISIENNE


Posted On Oct 12 2011 by

Notre propos est d’identifier, à partir de l’autobiographie expérimentale pratiquée par Michel Leiris, quelques-uns des problèmes posés par l’écriture et la réception du texte autobiographique moderne. De par son statut générique, l’autobiographie établit avec le lecteur des rapports tout à fait particuliers. L’écrivain se met à nu devant le lecteur, dans l’espoir d’une découverte de soi et d’une catharsis psychologique et esthétique. En même temps, il vise, consciemment ou non, à modeler l’esprit de son public. Ceux qui aiment la littérature autoréférentielle sont poussés par des motivations différentes de celles qui nous amènent à lire des fictions: curiosité, désir d’identification et de purification, goût du réel. La référentialité du texte influe considérablement sur la constitution de l’horizon d’attente du récepteur, au centre duquel sera placé le respect de la vérité. Les attentes du public sont donc liées au contrat que l’auteur a passé avec lui. L’autobiographe a pour dessein, avant tout, d’obtenir la créance de son destinataire. Le texte, qui pourrait, à la rigueur, être vérifié par une enquête, est pareil à un acte juridique engageant la responsabilité de l’auteur. Mettant en vedette l’image d’un individu quelconque, simple et imparfait, l’autobiographie tend au public le miroir où il pourrait se retrouver et prendre en même temps ses distances avec soi-même.

Last Updated on: October 13th, 2011 at 9:49 P, by admin


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