QUAND LES LEGENDES URBAINES UTILISENT L’AUTRE POUR REAFFIRMER L’IDENTITE DE CEUX QUI LES DIFFUSENT…


Posted On Oct 12 2011 by

En pleine construction européenne, le discours sociopolitique dominant prône la découverte de l’Autre et l’acceptation de sa différence. Or dans notre société multiculturelle où coexistent diverses sous-cultures et communautés, une multitude d’Autres apparaissent sur un même territoire virtuel ou réel. Le refus de s’y identifier permettant à l’individu de s’affirmer en tant qu’entité autosuffisante, il a, notamment, créé les légendes urbaines qui réaffirment ses valeurs et interdits, en désignant une altérité qui ne les partagerait pas. Une analyse sémio-pragmatique de centaine de variantes de légendes nous a ainsi permis de montrer les intentions, l’identité et la relation des sujets-transmetteurs de ces récits.

Même si ces derniers varient selon cinq types, chacun met en scène la confrontation de deux protagonistes et ses conséquences. L’un, valorisé, apparaît comme appartenant à la communauté des sujets-transmetteurs, l’autre à une entité opposée, « négative ». Cette opposition permet, par l’utilisation de préjugés et de stéréotypes, d’associer certains individus à des actes ou événements renvoyant à la peur, à l’interdit, au mystère et à l’espoir. Les légendes urbaines contribuent ainsi à simplifier et à clarifier les limites d’un groupe d’appartenance des sujets-transmetteurs en désignant des Autres qui n’y appartiendraient pas et en en faisant des bouc-émissaires.

Last Updated on: October 13th, 2011 at 9:48 P, by admin


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