UNE ANAMORPHOSE REVELEE PAR LE LANGAGE DES DOIGTS CHEZ SIMON VOUET


Posted On Nov 11 2015 by

Il est admis que la catoptromancie recoupe toutes les techniques de divination à partir de surfaces réfléchissantes. Or en 1638, dans sa Perspective curieuse, Jean-François Nicéron regrette que les effets prodigieux de la catoptrique puissent être abusivement employés dans le cadre de telles pratiques. Reposant sur des principes mathématiques de mise en perspective, cet art illusionniste s’applique à donner sens à une représentation informe afin de reconstruire l’image dénaturée de celle-ci, à l’aide d’un reflet fantomatique. Lorsqu’à la fin de son séjour italien, au milieu des années 1620, Simon Vouet exécute un dessin à la sanguine représentant un appareil catoptrique, il relaie une invention technique toute récente, qui captive les esprits curieux de l’époque. Pour la mise en scène de ce tour de prestidigitation, le peintre déploie un groupe de huit satyres au langage gestuel aussi précis que révélateur, incluant des signes comme l’indico et le comput digitis, qui expliquent le fonctionnement de l’appareil, tout en l’inscrivant dans un discours plus large sur la mise en abyme des images et sur les effets de la mimesis phantastiké qui rend la véritable apparence du réel.

Last Updated on: November 11th, 2015 at 10:10 P, by admin


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