L’IMAGINAIRE LINGUISTIQUE ET CULTUREL DES LIVRES-SCULPTURES DE GEORGIA RUSSELL


Posted On Nov 10 2015 by

Dans l’œuvre de l’artiste écossaise Georgia Russell, la présence de l’écrit marque une attirance pour la puissance évocatrice du terme. Depuis son arrivée en France où elle dut se confronter à l’emploi d’une langue étrangère, l’artiste utilise le livre comme médium et sa technique de découpe s’approprie des supports variés, généralement textuels, connus de tous. Il s’agit de romans, de couvertures d’ouvrages ou de journaux, de dictionnaires de langues etc., où les découpes au scalpel mettent en exergue certains termes tout en en oblitérant d’autres. Cet attachement au mot l’amène à créer des raccourcis visuels qui évoquent les approches oniriques du surréalisme ou de la psychanalyse. À partir de la seule fonction évocatrice d’un terme aux connotations universelles se développe une forme d’imaginaire linguistique et culturel qui porte sur l’interaction entre art et langage, souvent convoquée dans l’art contemporain depuis la modernité. En étudiant plus précisément la technique systématique de l’artiste et son attachement à une certaine rythmicité, nous tenterons de comprendre le fonctionnement des œuvres de Georgia Russell. Nous verrons comment elle s’approprie un mot pour le porter vers une matérialité organique, ses sculptures de papier devenant des figures totémiques. Nous constaterons cette transformation d’un support textuel familier en une métaphore visuelle permet au spectateur de partager d’emblée l’imaginaire de l’artiste.

Last Updated on: November 10th, 2015 at 10:21 P, by admin


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