L’IMAGINAIRE CARTOGRAPHIQUE À l’ÉPREUVE DE L’ART


Posted On Nov 10 2015 by

La carte géographique a toujours su fasciner les artistes. Au fil du temps, les frontières distinguant la carte de l’œuvre figurative sont devenues si minces que l’on ne les discerne plus réellement, en particulier lorsque des artistes du XXème siècle ont entrepris d’employer la carte soit pour documenter le réel qu’ils visaient à figurer, soit pour ses motifs esthétiques intrinsèques. Or ce même XXème siècle est aussi celui qui voit succéder à une logique de l’histoire une logique de la spatialité et des territoires. C’est pourquoi l’avènement d’un monde fait de flux et de connexions rend nécessaire l’adoption non tant d’un imaginaire cartographique, mais d’une pensée géographique. La carte telle qu’employée par les artistes n’est plus illustrative, ni même fonctionnelle, elle devient injonction éthique et politique, à l’image du travail de Thomas Hirschhorn, car ce qui importe est de savoir capter la complexité du réel afin de produire de la pensée – ce que fait la carte dans le cadre d’une philosophie dévolue à Deleuze – plutôt que d’en mimer les aspérités, tel un calque, car alors l’art et la pensée ne font que se répéter. De là pouvons-nous envisager à la suite d’une géophilosophie deleuzienne, une géoesthétique.

Last Updated on: November 10th, 2015 at 10:34 P, by admin


Written by admin