HYPOSTASES DU CORPS SUR LA SCENE TARDIVIENNE


Posted On Nov 11 2015 by

Que le théâtre soit inconcevable en l’absence d’un comédien, c’était une réalité indiscutable jusque dans les années cinquante. Responsable de l’incarnation du personnage, le corps du comédien était tantôt simple support du discours dramatique, de la parole théâtrale, tantôt lieu d’exhibition ou au contraire d’occultation de la chair. Plus ou moins fidèle aux didascalies, mimétisant le réel (théâtre naturaliste) ou par contre dépouillé du vivant pour acquérir les attributs de la marionnette (dans la mise en scène symboliste), le corps a toujours été un espace du travail spectaculaire en lien avec celui portant sur la parole.

Eu égard à la tendance du nouveau théâtre à l’autoreflexivité, le corps devient espace de l’expériment théâtral, du happening, de la mise en question du concept traditionnel de personnage, de réflexion sur son double spectaculaire. En glanant partout dans le champ spectaculaire les outils d’un ludant généreux, Tardieu nous invite à construire nous-mêmes un ludé comme discours métathéâtral. Il nous donne à voir les diverses hypostases de l’imaginaire corporel depuis la figure du crucifié, sorte de corps-relais (l’Epouvantail), en suivant l’évolution scénique du corps-matériau (La galerie), de ceux de Lui et Elle, corps voués à l’amour que la chorégraphie spectaculaire rend scéniquement (Les amants du métro), du corps souffrant (La consultation, La mort et le médecin) jusqu’au corps absent mais d’autant plus incitant pour l’imagination du spectateur (La serrure), etc.

Last Updated on: November 11th, 2015 at 10:32 P, by admin


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