LE MASQUE, UN ORGANE ARTIFICIEL?


Posted On Jul 18 2014 by

Une part importante de la création contemporaine a placé le masque au centre de ses préoccupations. Des travestissements de Claude Cahun aux mascarades de Cindy Sherman, en passant par les masques de silicone de Gillian Wearing ou les pantalons rigidifiés de Patrick Tosani, tout semble indiquer un intérêt constant, et chaque fois renouvelé, pour les significations tant archétypales, symboliques que transgressives de cet objet. Cependant, se pose la question de ce « retour » vers cette figure canonique qui, rappelons-le, est également à l’origine des notions de « personne » et de « moi » (Mauss, 1968). L’étude du prosôpon grec et de la persona latine révèle un aspect paradoxal : le masque est en effet, non pas ce qui cache, mais ce qui fait apparaître. Il s’éprouve en ce sens comme une extériorisation et une extension de soi qui donnent au sujet-visage la possibilité de faire l’expérience de son objet-visage. Le masque devient-il dès lors une sorte d’organe artificiel porteur de processus d’individuation psychique et collectif ?

Aujourd’hui la photographie et les réseaux sociaux établissent des possibilités inédites d’extension et de multiplication des images de soi. Qu’implique alors, pour ces artistes, de photographier le masque ? Tout se passe comme si d’une quête existentielle aux fictions du moi, le je(u) du masque se déplaçait vers une prise en compte de sa nature égo-technique.

Last Updated on: July 18th, 2014 at 10:35 P, by admin


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