ENTRE SOUFFRANCE ET JOUISSANCE, MANIFESTATIONS DE LA FIGURE CHRISTIQUE DANS L’ŒUVRE POETIQUE DE TCHICAYA U TAM’SI


Posted On Jul 18 2014 by

La poésie sensuelle de Tchicaya U  Tam’si oscille constamment entre plaisir et souffrance. Le poète qui a rêvé de la « luxuriance du baiser matrice » se considère également sous le signe de la blessure et du « cœur / dont le mystère à peine élucidé <le> déshabille, <l’>écorche, <le> crucifie / au sommaire de <sa> passion ». Le Christ qui est à la fois Sauveur et Tentateur, symbole de l’autorité coloniale et figure de rebelle, concentre en lui la tension entre ces deux pôles que sont la jouissance et la souffrance. En s’appuyant sur Le Mauvais sang, Epitomé et Le Ventre, trois recueils qui marquent des étapes décisives dans le parcours poétique de Tchicaya U Tam’si, cet article cherche à mieux cerner le fonctionnement de la figure christique et le rapport au corps qu’elle implique. Rapproché tour à tour de Prométhée, d’Ulysse et de Jonas, Jésus-Christ par ses diverses facettes semble bien proposer une clé d’interprétation pour une poésie souvent considérée comme difficile et parfois comme hermétique. En envisageant les trois recueils étudiés les uns après les autres dans un ordre chronologique, nous essaierons de mieux caractériser le parcours de Tchicaya, de ses premiers pas hésitants (Le Mauvais sang) à son cri de révolte (Le Ventre) en passant par l’irruption de l’Histoire dans la poésie de soi (Epitomé).

Last Updated on: July 18th, 2014 at 9:13 P, by admin


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