AUTOFICTION, OBLIQUITÉ ET AUTRES «ÆNCRAGES» DANS LA REPRÉSENTATION DISCURSIVE DU MOI INTIM


Posted On Jul 18 2014 by

Cette étude portera sur la mise en acte des stratégies fondamentales que Georges Perec déploie dans son espace scripturaire afin de représenter des bribes de son intériorité meurtrie. L’écrivain n’a de cesse à biaiser avec la réalité par le truchement de ses nombreux artifices rhétoriques fondés essentiellement sur le jeu ambigu de cache-cache entre le réel et ses représentations, entre le vrai et le faux, la mémoire et le trou de mémoire,  pour construire ses remparts de mots face à la terreur de la confession. Georges Perec s’avère être le maître du déguisement et sa rencontre avec l’Histoire, qui lui a produit une mutilation du souvenir, est maîtrisée obliquement, par le détour de la fable et de l’humour  mais aussi par le blanc et  la case vide,  strictes codifications déployées pour la ré-écriture d’une autobiographie éclatée. Les techniques de travestissement et de détournement le mènent à développer une poétique du manque, du silence, du fragmentaire, matérialisation discursive de ses tropismes intérieurs. Pour la mise en fiction de sa subjectivité, Georges Perec procède à des variations autour du moi et à une ambivalence d’attitude tantôt ludique, tantôt dérisoire, dégagée ou détournée, pour faire une approche oblique de l’autobiographie, façon de travestir une blessure par la force de l’autofiction. Cette étude cherchera à parcourir les formes et les fonctions de la mémoire perecquienne, les sillages du souvenir, à partir de celui qui s’insinue sournoisement dans l’espace fictionnel jusqu’à celui qui, en quête d’une altérité, avance masqué, s’efface ou se dilue dans des non-dits. Œuvre protéiforme à l’esthétique déroutante et déguisée, inlassablement traversée par un auto-marquage encrypté, la création perecquienne, par le biais d’une mémoire qui se bricole sans cesse sous le signe du faux pris pour le vrai, se donne et se refuse à la fois, s’offre et se replie sur elle-même, s’accumule sans cesse ou se brise dans mille éclats et fêlures, pour dire de façon allusive, subtile et subversive, les «æncrages» et les lieux rhétorique de la mémoire du moi

Last Updated on: July 18th, 2014 at 10:08 P, by admin


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